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Les outils de lutte contre les trafics de drogues : des défis majeurs

D’après le journal Libération, l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (1l’Ocrtis), François Thierry aurait laissé entrer en France des dizaines de tonnes de cannabis grâce au trafiquant de drogue, Stéphane V., un des « indics » de l’Office. Mais où en est-on de la lutte contre les trafics de drogues ?

trafic de drogue

Pour la loi, le “trafic de drogue” vise à la fois la production, la fabrication, l’importation, l’exportation, le transport, la cession (1le fait de donner ou de vendre), l’achat, l’emploi (1hors usage personnel) et la détention illicites de stupéfiants. Les trafics de drogues, considérés comme des crimes, sont plus sévèrement punis par le code pénal que l’usage illicite. Si des dizaines de réseaux de trafic de drogues sont démantelés chaque année en France, la répression du trafic est devenue très complexe et aléatoire. Car les strong>trafiquants sont méfiants : ils organisent les filières, brouillent les pistes et diversifient la fabrication et les circuits de diffusion.

Les circuits des trafics de drogues

Selon un rapport de 2015 sur « l’estimation des marchés des drogues illicites en France », le chiffre d’affaires moyen en France de l’ensemble des drogues (1cannabis, cocaïne, héroïne, « drogues de synthèse ») serait de l’ordre de 2,3 milliards d’euros dont 48 % généré par le cannabis.

En 20 ans, la production ainsi que les circuits de diffusion et de consommation des trafics de drogue se sont beaucoup amplifiés et diversifiés. De nouveaux stupéfiants ont surgi ; de nouvelles routes sont empruntées par les trafiquants ; de nouveaux modes de consommation se sont développés, ouvrant des failles béantes dans les dispositifs actuels de lutte contre ces trafics. Pour y remédier, l’État a mis en place un plan d’action qui combine différents outils : mutualisation du renseignement technologique, coopération internationale et européenne, coordination entre les administrations et les collectivités territoriales, communication et formation, médiation sociale, expérimentations, etc.

La lutte contre le trafic de drogue : acteurs et outils

Ce plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives (12013-2017) accorde une large place à la santé et à la prévention des jeunes, public le plus fragile et le plus exposé, tout en mettant l’accent sur des solutions pour combattre les nombreux réseaux de trafics de drogue.

Pour « intensifier la lutte contre les trafics », le gouvernement veut accroître les collaborations avec des services de police étrangers, et renforcer le contrôle des nouveaux « vecteurs » : boutiques en ligne Internet (1web caché), transport aérien » (1aérodromes secondaires). L’État veut aussi lutter contre le trafic de drogue dans les villes, en fonction des différents « tissus urbains » et coordonner les actions vers les « zones de sécurité prioritaire » pour lutter contre le trafic local. Le plan entend poursuivre la lutte contre les grands réseaux disposant de « ramifications internationales ».

Crée en 1982, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (1Midelca) est directement placée sous l’autorité du premier ministre. Sa mission principale est de coordonner l’ensemble des acteurs en matière de lutte antidrogue. Qu’il s’agisse de prévention, de lutte contre la toxicomanie ou de lutte contre les trafics en métropole et en outre-mer. En matière de lutte contre les réseaux de trafic de stupéfiants, le ministère de l’intérieur est l’acteur principal. En son sein, l’Ocrtis dirige les administrations (1police, gendarmerie et douane) et a d’abord une mission de coordination. Mais c’est aussi un service de police judiciaire à compétence nationale. L’Ocrtis centralise les renseignements sur les filières de trafic et procède à des enquêtes sur tout le territoire. L’administration est aussi le représentant français auprès d’organes internationaux de lutte contre la criminalité dont Interpol. La brigade des stupéfiants et les services des douanes, bras armés de l’Ocrtis, sont les acteurs sur le terrain de la lutte contre les trafics.

Dans cette lutte contre les drogues et les addictions, les défis sont majeurs : s’attaquer à l’offre qui se diversifie et réduire les risques sanitaires et sociaux. Or les outils de prévention et de répression actuels ne suffisent pas à enrayer l’essor des trafics de drogues. Il en va des équilibres économiques mais aussi de la démocratie du fait de l’interaction croissante entre trafics de drogues, délinquance, crime organisé et blanchiment des capitaux illicites issus de ces trafics dans un contexte mondialisé.

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